Conscience : mode d’emploi! (14/22)

Pauvres de noūs (νοῡς) !

Pour un esprit, les mots « font signe » (leur signi-fication) vers ce qu’il y a à voir et à comprendre. Pour un mental les mots signalent une réaction à lancer. Comme « Attak », pour un chien ! Un être humain qui se prive de Buddhi n’est qu’une épave, un zombi. Si vous attendez exclusivement votre enseignement des autres êtres humains, vous vous privez de l’enseignement de Buddhi ! Si vous êtes dans ce cas, vous pourrez dire avec Socrate : « Tout ce que je sais c’est que je ne sais rien ! » Sauf que dans le contexte il faudrait ajouter « par moi-même » au verbe savoir, parce qu’à son époque, les Grecs connaissaient Buddhi sous le nom de noūs (νοῡς) ! C’est juste après Socrate qu’Aristote a rétrogradé le noūs au sein de manas : plus moyen d’être intelligent !!! (La naissance de l’intelligence artificielle ?). Or Socrate « L’Accoucheur des Esprits » avait été déclaré « L’homme le plus sage de son temps » par la Pythie, donc il en savait forcément plus que ce qu’on croit qu’il en disait !

On a fait du noūs le mot « noétique », pour étudier les inter-réactions entre l’intellect divin et l’« intellect humain », donc entre le noūs de Socrate et celui d’Aristote (!). Quant à la « noosphère » sortie des rêves érotiques de Teilhard de Chardin et de son complice Vladimir Vernadsky, elle envisage une « sphère de la pensée humaine »… donc aristotélicienne, sans ambiguïté ! Un espoir pour que la prochaine humanité soit l’héritière de notre sagesse !

Or si vous avez la chance de faire des OBE, vous verrez que les réponses qu’on obtient sont très particulières ! D’abord, elles sont souvent inattendues, ensuite on ne les « entend » pas vraiment, on SAIT juste QU’ON VIENT DE COMPRENDRE. C’est ce que décrivent les mystiques en parlant de leurs « voix silencieuses ». Encore une fois il n’y a pas besoin de faire des OBE pour les « entendre », il « suffit » de porter son attention sur Buddhi, c’est-à-dire, à nouveau, l’Esprit Saint des Chrétiens.

TOUS les mots MAL COMPRIS sont autant de « BOUTONS » qui vous rendent irrationnel : regardez plutôt ce que les mots vous « montrent », et comprenez-le en « écoutant » la réponse de Buddhi… Ça n’est pas la totalité du mode d’emploi de votre conscience, mais ça serait un bon début.

Un mot sur ces « voix silencieuses ». Si vous « entendez » une réponse quelconque ou que vous avez un flash, ça ne vient pas de Buddhi, mais d’une entité mentale (psychique) non moins quelconque, parce que votre âme n’est pas la seule créature du monde intermédiaire : il y a aussi celles des animaux, les élémentaux extra-terrestres des forêts et les fantômes, mais aussi les anges, et surtout ceux qui ont perdu leur spiritualité en devenant des démons. Lesquels ne peuvent s’attaquer aux hommes que par leur âme (leur mental… à nouveau !), et seulement si les hommes les laissent faire. Ils n’ont pas accès à nos esprits puisqu’ils sont déchus de leur état angélique. Mais par l’intermédiaire de notre âme, s’ils ont notre accord, ils peuvent rendre notre corps malade. Contrairement aux surexcités qui voient des démons (ou des reptiliens) partout, le fait de bénéficier de facultés paranormales n’est pas un indice de possession, souvent bien au contraire. Et ceux qui n’en bénéficient pas, et qui le regrettent, peuvent toujours se tourner vers la magie ou la sorcellerie à leurs risques et périls… Dans tous les cas, se polariser sur ces béquilles de « pouvoirs » est un cul-de-sac spirituel, car on n’y apprendra rien de plus qu’en se polarisant sur l’univers avec un point de vue matérialiste. Et on en sera infiniment plus distraits, car le « monde intermédiaire » est bien plus foisonnant que le monde physique !

La combinaison du fouillis du monde intermédiaire et notre liberté absolue de considérer ce qu’on veut, fait qu’on y met tout et n’importe quoi, comme les fameux « corps subtils » de la mère Blavatsky. Et le nombre de ceux qui en parlent ne fait que prouver qu’on peut parler de tout ce qu’on veut et se convaincre mutuellement de nos rêveries…La psychose du matérialisme pousse ceux qui y étouffent et croient en sortir, à voir des « ondes » partout, puisque c’est leur seule option pour expliquer des influences « à distance ». Et on attend toujours les évidences de diffraction d’« ondes de forme », puisque, avec les interférences, c’est ce qui caractérise les phénomènes ondulatoires. C’est aussi grâce à des « ondes magnétiques » que les rebouteux guérissent leurs patients… à des centaines de kilomètres, reste à trouver lesquelles…

J’aimerai mentionner un détail qui m’a échappé relatif aux remarques faites sur la considération des choses matérielles.

Une considération a deux aspects. Elle définit d’une part ce qu’est la chose, son « essence » à proprement parler, et d’autre part, à quel niveau on veut la manifester, surtout si c’est un postulat. Le niveau en question peut être un des mondes qu’on a évoqués où un « domaine » qui y serait « situé ».

Par exemple, en repartant de notre fameuse petite lumière que j’ai suggéré de postuler lors de l’expérience de la « localisation de l’esprit ». Son essence, c’est d’être un point lumineux. Dans le monde spirituel c’est simplement en avoir l’idée, la considération ; dans le monde intermédiaire, c’est s’en faire une image mentale ; et dans le domaine physique, c’est basculer un interrupteur électrique ou gratter une allumette, pour allumer une lumière… Le choix du niveau est la « substance » corrélative à l’ « essence », et qui est nécessaire pour que la manifestation puisse avoir lieu.

Cette combinaison nécessaire entre une essence et une substance pour produire quelque chose n’est pas exclusive des postulats. La vie d’en sert sans arrêt. Par exemple pour faire un bébé, il faut un spermatozoïde et un ovule. Les spermatozoïdes, comme les considérations essentielles, sont extrêmement nombreux : combien faites-vous de considérations qui « définissent » quelque chose à chaque minute ? Les spermatozoïdes, quant à eux, sont une quarantaine de millions à chaque éjaculation, et il n’est pas sûr que l’un d’entre eux puisse rencontrer un ovule… la substance qui lui est nécessaire pour la production du nouveau corps.

En plus de leur nombre, ils sont extrêmement légers et mobiles, comme des idées sans masse, alors que les ovules sont plus rares, pesants et immobiles, comme la matière. Et aucune des deux gamètes n’est une cellule humaine : elles n’ont que la moitié des chromosomes typiques de la race des parents ! Cette différence de nature est aussi nécessaire pour distinguer les causes de leurs effets, elle est même le critère pour déterminer si quelque chose peut être la cause d’un effet!… En passant d’autres cellules remarquables au point de vue biologique sont celles du cristallin, en particulier parce qu’elles n’ont pas de noyau, pour laisser passer la lumière sans la diffracter, donc sans aucun chromosome ! Ensuite, pour le développement de l’œuf et du bébé, c’est l’ADN qui jouera le rôle de l’essence, et la nourriture celui de la substance.

Sans lumière, les objets ne se voient pas ! Mais la lumière elle-même est invisible, sinon elle nous empêcherait de voir à travers elle ! Les faisceaux que l’on croit voir émis par des projecteurs ne sont que les particules de poussière qu’ils éclairent. Mais la combinaison de la lumière invisible, et des objets tout aussi invisibles, fait que ces objets deviennent visibles… Décidez vous-même qui de la lumière ou de l’objet est l’essence de la visibilité, et sa substance… Amusez-vous à trouver d’autres exemples…

Au niveau de l’écoulement du temps, on a vu qu’une action commençait et se terminait dans l’immobilité. Elle paraît donc parfaitement délimitée, contrairement aux objets matériels soumis à la gravitation. Pourtant la situation de départ est la substance sur laquelle votre postulat doit pouvoir agir, et les conditions ne sont pas toujours remplies. Ce qui rend votre action dépendante du passé, et la liera aussi à l’avenir, où elle continuera à avoir des conséquences, même une fois terminée, en ayant produit une nouvelle situation, une nouvelle substance pour les actions futures.

Donc cette « délimitation » n’est pas bien meilleure que celle des corps matériels soumis à la gravitation, et la « vérité » des considérations liées au temps n’est pas plus évidente que celle liée à la matière. Si on ajoute la nécessité de mentir pour obtenir un changement, on aura une idée plus précise de la difficulté de se passer de Buddhi pour avoir ce qui est vrai !

Mais ça permet de résoudre le problème du mensonge qui a été évoqué à propos des postulats ! Au niveau de l’essence qu’un postulat exprime, il suffit qu’elle soit cohérente, logique, donc pas du genre « un cercle carré » ! En cas de doute, se reporter à Buddhi, comme d’habitude.

Pour la substance, c’est moins simple. Imaginons que vous n’ayez que de la farine et de l’eau et que vous postuliez de construire un pont suspendu ! Et bien il va falloir postuler aussi de vous fournir d’autres éléments substantiels (ciment, ferraille…) pour le rendre réalisable.

Si quelqu’un vous promet quelque chose qui doive vous servir de substance, de base, genre : du pognon, demandez à Buddhi s’il peut tenir sa promesse… et si vous avez une chance de pouvoir vous en servir pour vos postulats, c’est-à-dire de compter dessus ! Le pognon est une substance au même titre que l’espace ou le temps ou l’énergie au sens moderne… la véritable é-nergie, c’est le postulat ! Et le fait qu’une proposition soit sincère, ne garantit pas qu’elle soit faite par quelqu’un qui ne vive pas endormi dans ses rêves !

Si vos postulats sont réalisables, vous transformerez leurs mensonges originels en vérités. Mais tant que la vérité n’est pas atteinte, l’action résultante du postulat va durer. Et donc la meilleure façon de faire durer l’attente de quelque chose, c’est de mentir à propos d’un postulat irréalisable ! Pensez à des trucs comme la Liberté promise par un gouvernement, l’Égalité promise par les philosophes ou la Fraternité Universelle imaginée par des naïfs ! On risque de les attendre encore longtemps, sans les voir jamais…

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