Conscience : mode d’emploi! (2/22)

Conscience : mode d’emploi! (2/21)

Et la réunion entre la conscience et ses objets, ça va jusqu’où ?

Et bien ça va jusqu’à nous donner l’occasion d’examiner un autre mot, que vous auriez dû oublier, si vous avez suivi mes suggestions de faire le nouveau-né…

Ceux qui fréquentent mon blog ou qui ont lu mes bouquins vont avoir l’impression que je tourne en rond parce que j’ai souvent pris l’occasion de raconter ça. Mais si la pédagogie pavlovienne est à base de répétitions, la mienne est à base de nuances et d’indications complémentaires pour satisfaire mon obsession d’indiquer à mes lecteurs qu’ils pourraient tout comprendre par eux-mêmes, s’ils se donnaient la peine de faire attention à leur façon de vivre, en tant qu’être humain, pas forcément en tant que Monsieur ou Madame untel, obligé de jouer un rôle social. D’où mon insistance à ce que vous soyez comme des nouveau-nés ! Et d’ailleurs si vous commencez à comprendre, votre vie sociale va être bouleversée au milieu de tous ces ignorants par insouciance…

Donc : jusqu’où peut-on avoir conscience, ou être conscient ? Succulente question dont la réponse est suggérée par le mot « considération » : notre conscience peut nous relier jusqu’avec les étoiles… con-sidéral ! Et en fait bien plus loin !!! Au delà de l’univers même… comme on va le « voir » !

Mais pour les étoiles, vos yeux sont là pour vous les montrer. Souvenez-vous d’une nuit où vous étiez dehors à la campagne en train de regarder le ciel. Vous savez bien que toutes ces petites lumières sont à des distances con-sidérables… justement. La lumière met 4 ans à vous arriver de la plus proche (proxima Centauri), et la plupart des autres sont bien plus lointaines, jusqu’à des millions d’années-lumière si vous regardez avec des jumelles. Vos yeux vous transmettent les images qu’ils en perçoivent, et c’est de ces images que vous êtes conscient. Donc vous pouvez être « unis » avec des bidules extrêmement éloignés. Mais la perception de vos yeux à des limites, même si on peut les reculer encore plus en utilisant des télescopes. On croit actuellement que notre « horizon » de l’univers, donc ce qui nous est observable, est environ à 41 milliards d’années-lumière de nous.

Si ce que vous considérez vient d’une cons-tatation (= être avec ce qu’on touche, une façon de se rapprocher) ce n’en est pas moins une abs-traction (un ex-trait…) de l’objet. Korzybski s’est polarisé sur le fait que nous n’avons pas « conscience d’abstraire » ne voyant surtout les abus de langage comme quand il parle des maladies. On peut extraire une écharde, mais pas une grippe ! Les maladies ne sont pas une simple abstraction, c’est la conclusion d’un raisonnement ; une considération que l’on peut avoir, comme toutes les autres, mais qui ne repose plus sur rien de « tangible ». en fait dès qu’on se sert du langage, on est en train d’abstraire, et c’est de ça dont nous devrions être conscients, pas seulement des jeux de mots dont il semble que ce soit tout ce qu’ont compris les émules du pape de la sémantique générale, Korzybski…

Il est donc temps que je vous montre quelque chose d’encore plus loin, et que vos yeux ne verront pas, même jamais !

Regardez simplement ce texte. Êtes-vous d’accord que si vous le voyez, c’est qu’il « existe » ? Et que s’il « existe », c’est qu’il est « possible qu’il existe » ? Puisque cette possibilité est réelle, profitez-en pour la regarder… ! Pourtant vos yeux ne la voient pas : Mais votre conscience, elle, l’a considérée, l’a « vue » ! Donc vous venez d’être conscient de quelque chose (une pure possibilité) qui n’est pas dans l’univers de la matière. Être conscient de quelque chose hors (au-delà) de l’univers, c’est connaître un élément méta-physique. Et ce domaine, considéré comme obscur par les dictionnaires, l’est tellement que vous venez d’y entrer !!! Mais sans le savoir : c’est pour ça qu’on le croit obscur…

Et sortir de l’univers, ce n’est pas la première fois ! Si vous avez eu à fabriquer votre lumière lors de l’expérience précédente, vous savez bien que vous avez été le(la) seul(e) à la voir : elle n’existait que pour vous ! Et n’était donc pas non plus dans l’univers physique. Sauf qu’elle était manifestée, puisque vous pouviez la voir, alors que les possibilités sont, elles, ABSOLUMENT invisibles et « non manifestées ».

D’un autre côté, ce n’est pas parce que vos yeux voient quelque chose que la chose en question existe. Et je ne parle pas d’une photo ou d’un film projetés sur un écran qui, lui existe et peut prendre la couleur que vous voulez.

Bien avant toute cette technologie, regardez l’image dans un miroir, qui peut d’ailleurs être un simple lac de montagne, un « miroir naturel », pas nécessairement un objet manufacturé. Vous le voyez ce relief ? Déplacez-vous et vous verrez l’image changer, et le relief aussi. Et où se trouve-t-il ce reflet ? Le lac a-t-il creusé un espace en dessous de sa surface pour lui donner de l’espace ? Non ! Ce que vous voyez n’est qu’une apparence de volume ou d’espace. Il n’a aucune réalité physique. Et pourtant on peut aussi en prendre une photo.

Résumons ! On a nos yeux qui peuvent percevoir des trucs qui n’existent pas, ou on peut voir directement avec nos esprits, encore que la notion de la « vision » par « conscience directe » doive être légèrement redéfinie. Mais le point sur lequel je veux attirer votre attention, c’est que le fait que quelque chose soit visible n’est pas une garantie de son existence « réelle », pas plus pour les yeux que pour la conscience. Le reflet dans le lac est bien l’image des montagnes autour, et la possibilité de ce texte est bien le reflet qu’en fabrique votre conscience ! Et ces deux reflets sont bien aussi « réels » ou « irréels » l’un que l’autre. C’est vous qui choisissez !

Mais rebranchons nos considérations sur des objets proches, par exemple le mur en face de vous. S’il n’y en a pas, choisissez un objet quelconque comme le plancher, parce qu’il doit bien y en avoir un. Quoi qu’il en soit, dans ce qui suit nous parlerons d’un mur pour ne pas nous compliquer la vie. Considérez un point quelconque sur ce mur. Quelconque veut dire que ce point n’a rien de remarquable, c’est juste celui que vous considérez. Quelqu’un d’autre va-t-il remarquer ce point que vous considérez sans rien dire à personne ? Est-ce pour autant que ce point n’existe pas ? Considérez tous les points du mur que vous voulez, mais n’y passez pas le prochain millénaire. Arrêtez dès que vous avez compris que vous étiez libre de considérer tous les points qui vous font plaisir.

Considérez maintenant le mur en entier ! Et remarquez que vous le pouvez, comme vous avez pu en considérer individuellement tous les points que vous avez voulus. Chacun des points n’a aucun rapport avec un élément qui aurait servi à construire le mur, et le mur en entier n’a probablement pas non plus été fabriqué d’un seul coup. Que préférez-vous ? Considérer les points l’un après l’autre ou tout le mur d’un seul coup ? Quel effet vos considérations vont-elles avoir sur ce pauvre mur ?

Vous êtes ABSOLUMENT LIBRES DE CHOISIR CE DONT VOUS VOULEZ AVOIR CONSCIENCE, et vos considérations NE PROUVENT ABSOLUMENT RIEN QUANT À LA NATURE DE CE QUI EST CONSIDÉRÉ ! Ce n’est pas avec une considération que vous pourrez prouver la vérité de quoi que ce soit… d’autre que votre possibilité de considérer ce que vous voulez. Et le nombre de ceux à qui vous faites faire la même considération ne prouve rien de plus non plus. Une loufoquerie ne devient pas une vérité parce que tout le monde y croit !

Pour l’instant nous sommes dans le domaine exclusif de la conscience. Les considérations les plus fréquentes dans la vie sociale concernent les démonstrations ou les justifications de nos considérations. Autrement dit des résultats de raisonnements. Et si on vous fait une démonstration, vous en profiterez pour vous fabriquer une considération du résultat. Et vous croirez à sa réalité ou à sa vérité. N’importe quelle considération est VRAIE, en tant que considération. Ça ne veut pas dire qu’elle corresponde à quelque chose de réel ou de vrai.

Pendant que vous y êtes, remarquez que cette expérience et les conclusions qu’on en tire n’utilisent AUCUN SYSTÈME TECHNOLOGIQUE OU SCIENTIFIQUE MODERNE. Un homme de Cro-Magnon aurait aussi bien pu le faire…

Tout ce que dit tout le monde est vrai ou faux, comme on le veut, puisqu’on n’a aucun moyen de le savoir… y-a-t-il un critère ?

Les considérations issues d’une constatation comme les points du mur que l’on a constatés « semblent » s’appuyer sur des choses factuelles. Mais les points que l’on ne voit pas à l’intérieur du mur sont tout aussi « réels », et il faudra percer ou casser le mur pour qu’on puisse le « vérifier ».

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