Conscience : mode d’emploi! (7/22)

Conscience : mode d’emploi! (7/21)

Retour à des expériences communes…

Puis-je imaginer à mon tour que vous prenez à présent davantage au sérieux, les capacités de votre (nos) conscience(s), que les inénarrables « experts » de l’imaginaire ?

Mais reprenons nos expériences qui ne nécessitent aucune capacité particulière !

Non sans vous indiquer en passant que vous avez probablement expérimenté des « sorties du corps » sans le savoir, à l’occasion d’une période d’ébriété, d’un mauvais trip, d’une migraine ou d’un quelconque mal de crâne … Sauf que vous ne saviez pas que vous n’utilisiez plus seulement votre point de vue habituel, mais aussi un autre sur lequel vous n’aviez pas de contrôle, et qui interférait avec vos perceptions corporelles, ce qui brouille un peu les choses.

Même si vous étiez complètement défoncé, il aurait suffit de quelques secondes d’un processus élémentaire, pour que vous puissiez décourager l’indicateur d’un alcootest ! Mais je ne vais sûrement pas vous le décrire ici. Ça vous inciterait à recommencer… ne serait-ce que pour narguer les flics !

Revenons donc à nos points lumineux, et si vous ne vous en êtes pas servi pour vous géo-localiser, imaginez-en un maintenant.

Pouf, pouf ! Nous venons d’étendre les possibilités de nos considérations ! Vous pouvez considérer que vous voyez un point lumineux, et vous allez le voir. Première considération : « Je vois un point lumineux », seconde considération : « je vois un point lumineux » sauf que la première fois, ce n’était qu’une « possibilité » alors que la seconde fois elle était réalisée… Le passage d’une « décision » (une considération postulant une « réalité », inexistante pour le moment) à sa « manifestation » (mentale pour l’instant).

Bien sûr ce point n’est qu’une image mentale, mais vous venez de constater que vous (votre conscience) pouviez en provoquer l’existence instantanément ! Et qu’une fois que ce point mental « existe », vous pouvez en être conscient !

Puisqu’on déjà flirté avec le sanscrit à propos d’ahankara, parlons un peu de ce mental, un mot qui vient du sanscrit « manas », racine « man », dont on a aussi fait « humain », et que le Sankhya indique comme étant l’organe central de l’âme humaine. Dans ce texte, ce manas (cette âme) est équipé de 25 tattwas, c’est-à-dire des facultés de perception et d’action de l’âme, qui viendront se brancher sur les organes de perception et d’action correspondants du corps. Ce qui différentie définitivement l’âme et l’esprit, ce dernier n’ayant aucun besoin d’artifices ou d’outils pour être « conscient » (c’est « en lui ! »), et considérer des possibilités, qui pourront éventuellement se manifester, comme la possibilité de l’univers s’est –manifestement– manifestée… Tout cet assemblage de l’âme et du corps n’est là que pour imiter ce que l’esprit fait très bien tout seul et c’est pour ça que ce dernier préfère prendre son point de vue entre les deux yeux, c’est à dire de là d’où il « verrait », en direct, l’équivalent des images que le corps et l’âme combinent pour les lui transmettre.

Manas est aussi le réservoir des mémoires de l’âme et des procédures qui lui permettent d’animer (l’âme c’était anima en latin..) le corps. La conscience peut aussi se localiser dans les mémoires de manas, comme vous le savez en parcourant vos souvenirs. Les organes de perception et d’action du corps concernent l’univers corporel, les facultés de l’âme concernent des « réalités » psychiques (du grec ψυχικός, psykhikós que Wikipedia définit comme l’âme ou l’esprit … suivant les paragraphes !…). On va y trouver, d’après Wikipedia toujours, les instincts d’amour et de liberté ! En fait, en dehors des enregistrements des souvenirs et des automatismes, il y aura la génération des émotions et des sentiments (pas seulement l’amour…) et leur perception, chez nous ou chez les autres. Mais on a déjà prévenu à propos de cette confusion endémique…

L’esprit peut localiser ses points de vue n’importe où, ce qui n’est pas la moindre des sources de confusion. Sa spécificité est sa conscience, sa faculté de comprendre, de savoir. La comparaison la plus précise pour le mental est un ordinateur.

On a vu que la com-préhension, et la con-naissance, ont un rapport avec la con-science, mais il faut faire aussi la distinction entre « savoir » et « mémoriser ». Com-prendre, c’est aussi le chemin vers l’as-similation, puisque au lieu de prendre simplement « avec », on « rend semblable » CE qui est compris ET CE qui comprend. Or le savoir, et la sagesse qui en découle, vient du latin sapere, goûter, une promesse d’assimilation en ce qui concerne la nourriture. Par l’assimilation, la carotte devient du lapin, le lapin devient du renard ! Ça ne veut d’ailleurs plus simplement dire rendre simplement « semblable », mais « identique ». Une mémoire est un enregistrement dont il va falloir (re)prendre conscience, c’est quelque chose d’extérieur à l’esprit.

Ces notions apparentées à des tautologies commencent à être omniprésentes ! La conscience peut être consciente d’elle-même, on peut considérer nos propres considérations et on va devenir ce qu’on comprend, comme ce que notre corps mange devient notre corps.

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