La thérapie du 21ème siècle sera-t-elle quantique, métaphysique ou simplement logique? (N°3 Création)

La thérapie du 21ème siècle sera-t-elle quantique, métaphysique ou simplement logique? (N°3 Création)

Nous sommes encore avec ce cher Dr Robert Anthony. Et puisque nous avons évoqué son utilisation du mot « manifestation » typique de la métaphysique, on pourrait s’occuper d’un mot dont l’emploi suffit pour savoir qu’on n’a pas affaire à un métaphysicien, c’est celui de « création ».

Son premier mp3 s’intitule « The Secret of Deliberate Creation » : Le Secret de la Création Volontaire !

Sur la base de ses idées étranges sur la nature de la physique quantique, il embraye sur « La Physique Quantique : La Clé pour Créer votre Avenir ».

Le schéma qu’il propose c’est que nous vivions par « design » au lieu de vivre par « défaut » !

Il est de fait que la plupart des gens vivent en se basant sur ce qu’ils ont accumulé dans leur mental, un mot que Anthony utilise très peu. Donc toutes les références habituelles que nous utilisons sont des références à notre histoire personnelle et individuelle, ce qui nous empêche de « penser en dehors de la boîte de notre mental ».

Pas jusqu’au point de visiter des endroits où nous n’avons jamais mis les pieds !

Mais Anthony imagine que nous avons bien davantage de possibilités (pardon ! de « probabilités »…). Ce qui n’a rien de révolutionnaire, repensez à mon exemple où vous pourriez être dans la pièce d’à côté : une possibilité que nous n’utilisez pas (ne manifestez pas) pour l’instant.

Mais si vous allez dans cette pièce, la possibilité que vous venez de manifester n’est pas vraiment la vôtre ? Encore que, pour Anthony, il n’y a que les possibilités auxquelles on pense qui soient manifestables !

Il va jusqu’à dire que les particules subatomiques (on ne quitte pas la science, ses quanta et son jargon) ne se manifestent sous cette forme de particule que parce que nous les considérons !

Sinon, évidemment, ce ne sont que des ondes, le concept passe-partout qui fut longtemps utilisé par les physiciens pour se sortir d’affaire. Il est remplacé aujourd’hui par celui des dimensions supplémentaires qui viennent s’ajouter aux 3 ou 4 que nous connaissons.

En bon élève, Anthony n’y échappe pas, nous sommes : « Des éléments spirituels multidimensionnels d’un champ d’énergie infini » !

J’avais aussi oublié cette histoire de champ passe-partout, encore une hypothèse et une ancienne manie dont personne ne donne la démonstration, comme pour les autres.

Et Anthony ne sait probablement pas que les théories des cordes ont été abandonnées quand les physiciens se sont aperçus qu’elles n’étaient pas seulement fausses mais qu’elles avaient bloqué les progrès de la physique pendant des décennies…

Il doit manquer à Anthony quelques expériences de manifestations miraculeuses en direct que je vais illustrer par une anecdote personnelle.

Avec un copain, nous avons beaucoup joué à « manifester », comme dit Anthony, des conditions météorologiques. Un beau week-end, nous avons décidé qu’à tour de rôle nous déciderions du temps de la journée.

Tout a bien marché jusqu’au samedi matin. En bon citadin j’avais décidé que le week-end serait ensoleillé. Ce qui s’est produit quand je l’ai décidé vers 9 heures, sauf qu’une demi heure après, il s’est mis à pleuvoir. Je renouvelle ma décision et le soleil revient. Ces alternances ont duré jusqu’à midi, au moment où le copain a fait irruption dans le magasin où je bossais : « Ça marche plus notre truc ! ». « Quel truc ? ». « Le temps ! Je voulais de la pluie pour arroser mes salades et le soleil n’arrête pas de revenir ! ». C’est comme ça qu’on a su qu’on était meilleurs dans la fabrication de la météo que dans notre synchro…

Or ni l’un ni l’autre ne se préoccupaient de regarder ou de considérer des nuages qui ont pourtant existé en dehors de nos considérations pendant toute la matinée comme on a pu s’en apercevoir par les alternances de soleil et de pluie.

Si vous voulez faire l’expérience de votre action sur le temps, suivez les conseils d’Anthony (qui sont aussi les miens). Faites ça par jeu ! Et sans vous compliquer la vie à réfléchir pour savoir comment ça peut se faire.

Ça marche généralement très bien, puisque personne dans votre région n’imagine pouvoir intervenir sur le temps qu’il fait et que vous n’aurez donc aucun opposant ou concurrent. Mais en fonction de la densité de la population dans votre région, vous allez interférer avec la vie d’un plus ou moins grand nombre de vos contemporains.

C’est ce qui a amené mon copain à limiter ses dégâts ! Un jour en venant de chez lui à 20 kms de la ville, il était coincé par deux voitures qui roulaient trop lentement à son goût. Il a décidé qu’elles allaient tourner à droite au prochain des rares carrefours de son chemin. C’est ce qui s’est produit. Mais après avoir passé le carrefour en question, il a regardé dans son rétro et il a vu les deux bagnoles faire marche arrière pour reprendre sa route. Ça lui a donné à réfléchir !

Un Anglo-Saxon est souvent simpliste et un scientifique est assez mécaniste. Docteur Anthony est les deux. Et une de ses remarques à propos des réussites des criminels pour manifester des meurtres laisse à penser que l’éthique n’a pas beaucoup de place dans ses considérations, tout content qu’il est de pouvoir « manifester » ce qui lui passe par la tête et qu’il a l’impression de « créer ». Ça fait beaucoup penser à Aleister Crowley : « Fais ce que veux est la totalité de la Loi ». Rien de nouveau une fois de plus !

On l’a vu, les possibilités d’être ailleurs que là où on est, sont à peu près illimitées, ça ne dépend que de la précision que vous donnerez à votre localisation, et aucune d’elle n’est de votre fait. Vous ne ferez que manifester des possibilités préexistantes en vous déplaçant.

D’ailleurs il manque un point de départ aux délires du Docteur : si l’on suit ce qu’il raconte, l’univers n’a existé qu’une fois qu’on a pu s’y trouver, nous les êtres humains. Or toutes les possibilités dont on bénéficie ne sont pas les nôtres et ces possibilités elles-mêmes doivent être possibles pour être en tant que possibilités. Ce truc s’arrête quand une possibilité est à elle-même sa propre possibilité ce qui n’est le cas que de la Possibilité Universelle de la métaphysique !

Autrement dit il va falloir un domaine « sur-quantique » qui puise engranger les possibilités que nous utilisons. Saint Jean l’appelle Le Principe, mais la haine que Anthony reproche aux religions est exactement celle qu’il montre à leur égard, et je suppose que l’invocation de Saint Jean n’est pas de nature à lui plaire.

On parlait de simplisme, mais le Docteur nous indique qu’il a beaucoup étudié la spiritualité avant de s’apercevoir que ça n’avait rien à voir avec la religion. Ce qui pose le problème de ses sources d’étude…

En attendant s’il faut des possibilités pour que quelque chose soit manifesté, son illusion d’être un « créateur » est bonne pour la poubelle ! Il ne fait que « manifester », comme il le dit, des possibilités préexistantes, ce qu’affirme la métaphysique dont il ne veut pas.

Ça ne fait que 20 siècles qu’on parle de « création ex nihilo » (à partir de rien), et notre mentor est aussi tombé dans ce piège. Donc on apprécie qu’il cherche à nous aider à sortir des nôtres, mais on aimerait qu’il donne l’exemple… et il en paraît fort loin !

Puisqu’il pense pouvoir tout manifester, demandons-lui de manifester un cercle carré ! La seule chose qu’il pourra manifester c’est le fait d’en parler. Non qu’un de ses copains matheux ne puisse pas lui inventer je ne sais trop quel espace « courbe ET mutidimensionnel » où un cercle puisse devenir carré, mais il ne s’agira pas d’un cercle ordinaire ni d’un carré ordinaire, c’est-à-dire des deux figures planes dont l’une est le lieu des points « équidistants » d’un centre, et l’autre un quadrilatère avec des côtés égaux et un angle droit. Les distances des points d’un carré de côté c à son centre sont comprises entre c/2 et c√2/2 Pour que ça soit un cercle il suffit que cette différence s’annule, or cette équation a une solution ! : c’est c=0. Et ça résout tout ! Y compris le cercle et le carré qui ne sont plus que deux points, donc plus un cercle ni un carré.

Pour Platon, ces deux figures géométriques sont des « idées de Dieu » et c’est leurs définitions réciproques qui indiquent à quelles possibilités elles correspondent.

Autrement dit, Anthony ne pourra manifester que les idées qu’il va faucher à Dieu, auquel il donne tout un tas de noms et qui ne correspondent pas à la réalité indiquée par le mot Dieu en question, qu’il semble également ignorer. C’est facile de mépriser ce qu’on ne comprend pas !

Et il y a des trucs impossibles à manifester même pour un Docteur, car leur possibilité n’est pas dans Le Principe de Jean !

Je vous laisse méditer sur les curiosités sur lesquelles nous embarque le bon Docteur et je vous donne rendez-vous au numéro 4 !

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