Les Nuages du New-Age (N° 5 Springmeier)

Les Nuages du New-Age (N° 5 Springmeier)

Mais puisqu’on a parlé de Fritz Springmeier, profitons-en pour faire un détour par ce pionnier. Manifestement c’est l’inspirateur de Icke en TOUT ce qui concerne les « lignées reptiliennes » encore que Fritz n’évoque que rarement les reptiliens qui obsèdent Icke, et se contente le plus souvent d’évoquer des rites sataniques ou prétendus tels, lesquels n’ont pas l’avantage excitant de la nouveauté. Fritz a commencé ses ouvrages bien avant Icke et il ne craint pas de citer ses prédécesseurs dans la chasse aux illuminati. Il ne craint pas non plus de signaler quand il n’est pas sûr d’une donnée, comme la filiation Rothschild de Hitler, alors que Icke nous la confie des années plus tard, comme un « grand secret » qu’il nous RÉVÈLE dans sa grande bonté ! Il a aussi réussi à se faire piéger et à se retrouver en tôle ce qui peut tendre à le dédouaner de possibles complicités. Son livre de base « Bloodlines of the Illuminati » (650 pages dont une centaine pour le seul index !) est disponible sur Internet mais n’a pas été traduit en français ! Il nous fait bénéficier d’un certain nombre d’organigrammes aussi bien de lignées que d’organisations sataniques, puisqu’un croquis vaut mieux qu’un long discours, mais sur celui censé indiquer les liens de famille de 25 présidents des USA, on n’en compte qu’un peu plus d’une dizaine… Il est surtout bien moins surexcité que Icke contre toutes les religions, et ne craint pas de baser ses considérations sur des éléments bibliques sans chercher à cacher son christianisme.

Je vous offre la traduction d’une courte page (337) de Springmeier  pour vous montrer qu’il ne comprend rien à tout ce qui dépasse la matérialité, comme tous les excités anti-satanistes incultes du genre Texe Marrs :

« Selon les occultistes, la Magie est simplement l’utilisation de lois cachées pour accomplir notre volonté. Chaque personne a une étincelle de la divinité ? Un Dieu intérieur, aussi appelé un ange ou un Saint Ange Gardien. Le magicien doit entrer en contact avec son ange ? Sa divinité. C’est là que sa connaissance des tours de guet (Watchtowers) est utile. La Magick Enochienne revendique pour elle deux éléments uniques : une langue originale et la carte des mondes indivisibles. Les mondes indivisibles sont connus comme l’univers magique. La carte de cet univers magique contient 4 régions Énochiennes appelées tours de garde. Il s’agit de la Tour de Garde du feu, la Tour de garde de l’air, la Tour de garde de l’eau, et la Tour de garde de la Terre. Ces 4 régions sont souvent symbolisées dans les anciens manuscrits ésotériques. Voici les 7 plans et leurs régions sur la carte : »

« Régions occultes       Plans Énochiens

Divine                           ……

Spirituelle                     Tablette de l’Union

Causale                         Tour de garde du feu

Mentale                        Tour de garde de l’air

Astrale                          Tour de garde de l’eau

Éthérique                      Tour de garde de la Terre

Physique                       (?)….. »

« Si tous les corps des plans (à l’exception du physique) sont ensemble, le magicien appelle cela le Corps de Lumière. Le New Age, la maçonnerie, les rosicruciens et les magiciens vont ensuite parler de quitter leur corps et d’entrer dans les tours de garde (le Corps de Lumière). Pour être un magicien avancé, vous devez être en mesure d’entrer dans les tours de garde. »

« C’est un fait établi que les Illuminati apprennent toute cette magie et la pratiquent. »

« Un exemple de la façon dont la connaissance ésotérique est ensuite devenue associée avec la maison royale de Guise et de Lorraine (qui fait partie de la 13ème lignée Illuminati), c’est que la première édition du Corpus Hermeticum (éd. en 1549) a été consacrée à Charles de Guise, le cardinal de Lorraine et le frère de Marie de Guise, qui avait épousé Jacques V d’Écosse et qui a enfanté Mary Reine d’Écosse. »

Avez-vous remarqué le « k » de Magick ? Il montre qu’il a pompé ça chez Crowley ou un de ses disciples. En fait ce laïus est simplement aujourd’hui la doctrine de la Wicca ! Et voici un exemple de cette doctrine : « les Sylphes, esprits de l’air s’invoquent vers l’Est, le Salamandres, esprits du Feu s’invoquent vers le Sud, les Tritons, esprits de l’eau, vers l’Ouest, et les Gobelins, esprits de la terre, vers le Nord » ! Mais les éléments qui servent de prétexte viennent de bien avant la dégénérescence occultiste des satanistes récents puisqu’on les trouve chez Platon, dans le Taoïsme (et donc la médecine traditionnelle chinoise), dans les Vedas dans l’alchimie, etc.

La langue dont il parle est la « langue angélique » ou la « langue énochienne » !

Mais Springmeier est remonté jusqu’à Charles Taze Russell (un des piliers des Témoins de Jehovah) pour remonter à ses sources de la magie « Magick », donc à peine avant Crowley.

Les descriptions des rites sataniques par Springmeier sont tout aussi réjouissantes : comme il n’a AUCUNE idée de ce qui est en jeu, il doit se contenter de faire le reportage de ce qui est visible, un peu comme s’il décrivait une messe comme une réunion d’andouilles qui se mettent en rang d’oignon pour aller se faire mettre un bout de galette sur la langue au milieu d’une séance de gymnastique où les participants passent leur temps à s’asseoir, se lever et s’agenouiller en chantant des trucs… D’autant qu’une messe donne peu d’effets palpables, alors que le satanisme ou la magie sont au contraire orientés vers l’obtention de tels effets… que Springmeier n’a pas su ou voulu regarder. Et c’est probablement parce qu’il n’a jamais eu l’occasion de voir les effets d’une messe, que Springmeier néglige ceux des rites qu’il décrit !

Icke et lui auront beaucoup de mal à être pris au sérieux par les satanistes eux-mêmes, qui en savent infiniment plus qu’eux sur ces sujets, comme d’ailleurs sur la spiritualité véritable et proprement dite, ce en quoi nos auteurs ne valent pas mieux qu’un prêtre quelconque de la religion que vous voulez !

C’est assez dommage que les gens qui croient pouvoir nous protéger contre ces malfaisances soient aussi mal informés puisqu’ils se tournent exclusivement vers des myriades d’anecdotes et de détails sans importance réelle en ignorant les bases de ce dont ils parlent et à quoi ils s’attaquent, avec des moyens tout à fait inappropriés…

Mais revenons à notre Icke. En plus des miracles des déprogrammations des réchappés des programmes de la CIA, il y a presque tout un chapitre où Icke nous explique avoir été contacté par un agent de cette Agence, en rupture de ban avec elle, et qui lui a expliqué toutes les magouilles en cours. Alors, d’un côté, Icke nous bassine avec une foule de détails glauques pour montrer que le 11 septembre n’était pas une « coïncidence », mais une opération bien planifiée, et de l’autre il voudrait qu’on croie que l’arrivée de ce déserteur n’était qu’une coïncidence due à sa grande notoriété ? On a vu que la CIA a besoin de faire connaître –indirectement– ses manips pour nous faire peur, mais l’abondance des détails fournis par Icke et le fait qu’il soit toujours vivant milite fortement pour qu’il soit à la solde de ses reptiliens. Peut être même du NRO, puisqu’il n’en parle pas, alors qu’en cinéphile émérite il doit savoir que cet Office est cité au début du film « Ennemi d’État » (Ennemy of the State) avec Will Smith et Gene Hackman, un film tout à fait dans son domaine d’expertise. J’imagine mal qu’un agent de la CIA aille cracher dans la soupe « en cachette » et puisse espérer ne pas être identifié par ses collègues après la publication de ses révélations dans un best seller quelconque ! Je ne suis pas en train de suggérer que Icke émarge du budget de l’une de ces organisations, il se fait suffisamment d’argent avec ses droits d’auteur, mais il est sûrement le petit chéri de ses reptiliens, qui n’ont justement pas à le payer pour qu’il s’occupe (inconsciemment) de leur promotion sous leur direction !

Les « syntonisations » (un terme que je n’ai plus entendu depuis le temps des postes à galène…) miraculeuses entre reptiliens et humains sont tout à fait étranges dans un monde sans espace ni temps. En plus, si nos corps ne sont sensibles qu’à une petite gamme de fréquences (1 octave pour la vue et 10 pour l’ouïe) on connaît parfaitement toutes les gammes disponibles parce qu’on les a explorées et ses reptiliens n’ont rien de spécial à faire pour être visibles dans leurs propres gammes d’ondes supposées. D’ailleurs si Icke fréquentait des « bio-énergéticiens » au lieu de se contenter des ufologues, il aurait un catalogue de créatures bien plus étendu, et il aurait bien plus d’informations sur leur « visibilité ». Par exemple, quand un bio-énergéticien voit une photo prise à un endroit où se trouvait une « créature » (un elfe, un gnome, une fée…), il peut voir la créature en question dans la photo elle-même sans que cette photo comporte quoi que ce soit de plus que ce qu’on en voit normalement et ce qu’un scanner y découvrirait.

Comme il considère toutes les traditions comme bidon à part ses chamanes chéris, il préfère parler de reptiliens et de leurs hybrides plutôt que de démons et de leurs possédés, encore qu’il les évoque quand il est amené à parler du satanisme et de ses procédés étranges, mais sans donner l’impression qu’il les prenne autant au sérieux, pour cause d’absence de matérialité. Et pourtant ces derniers sont tout aussi « extra-terrestres » que ses serpents adorés, et on les voit bizarrement dans les mêmes circonstances (comme le changement de visage d’un possédé dans certaines conditions) ! Mais ses reptiliens eux-mêmes ne peuvent pas être de purs démons, puisqu’aucun de ceux qu’il cite n’a vécu beaucoup plus d’un siècle.

Que ne reste-t-il dans son domaine de la désinformation journalistique où il raconte beaucoup moins d’âneries, comme, en particulier, la centaine de pages où il examine les « attentats du 11 septembre » sans trop de dérapages, ou son historique des Khazars, moins détaillée pourtant que le « Seduced » de Gordon Gin. Également quand il s’occupe des magouilles voyoutes de Monsanto, des réseaux « Illuminati » modernes, de l’organisation du terrorisme mondial, du détail des meurtres auxquels Clinton a été mêlé, de ceux impliquant l’adorable famille Bush, les tripotages criminels de l’industrie pharmaceutique et la complicité du corps médical, tous domaines où il fait une intéressante tentative de récapitulation de ce qui en est connu. Mais sans nécessairement citer toutes ses sources d’inspiration qui pourraient lui faire de la concurrence !

Par exemple, il se présente comme l’inventeur de ce qu’il appelle « Tension-Réaction-Solution », simple changement de nom de la triade « Thèse-Antithèse-Synthèse » de la dialectique de Hegel, comme beaucoup l’ont fait remarquer et y font remonter les origines des « false flags » comme le 11 septembre, l’assassinat de Kennedy ou la prise de la Bastille, et il démontre clairement qu’il ne connaît rien au symbolisme des Francs-Maçons en confondant la « pierre angulaire » avec la pierre de fondation (la première pierre) d’une construction !

Il aurait aussi pu au moins citer Eric Hufschmid, un des premiers auteurs parlant du 11 septembre ! Mais, à sa décharge, il montre d’autre part qu’il n’est pas trop coincé, puisque, après avoir dénoncé le fondateur du mormonisme Joseph Smith comme reptilien de la « lignée mérovingienne », il accepte de mentionner le Professeur Stevens Jones de l’université Brigham Young, donc un Mormon, qui a découvert l’utilisation de la thermite qui prouve que la destruction des tours était bien une « démolition contrôlée » et pas un écroulement accidentel dû à la chute d’un avion. Il oublie aussi Alex Jones qui a infiltré le Bohemian Club en caméra cachée, et en a publié un DVD de sa cérémonie d’été, et dont il est pourtant un de ses invités fréquents !

Une indélicatesse en passant, sa façon de décrire l’épisode des Templiers laisse à penser que ce sont eux qui ont commencé à tricher en prêtant contre intérêt. Ce qui a toujours été interdit par toutes les religions qu’il abomine, comme il a l’élégance de le mentionner. Bien au contraire, c’est parce qu’ils s’en étaient tenus à la règle, que les usuriers italiens n’ont pas apprécié cette concurrence et qu’ils ont magouillé avec le Pape et le roi de France pour faire disparaître l’Ordre du Temple ! La fortune des Templiers était due à la disparition des pèlerins qui partaient en Croisade sans laisser de nom pour d’éventuels héritiers, et à tous ceux qui faisaient des dons au Temple pour les remercier de les avoir défendus contre des brigands lors de leurs pèlerinages.

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