Les Nuages du New-Age (N°9 Amour)

Les Nuages du New-Age (N°9 Amour)

Les Grecs avaient au moins trois mots pour parler de l’amour, dont un pour parler spécifiquement de l’amour divin qui était agapè, un autre pour l’amour humain philo, et un autre, le célèbre éros que je vous laisse qualifier… Mais caritas est bien proche d’agapè !

Quand Jésus demande à Pierre s’il L’aime, Il utilise deux fois agapè, ce à quoi Pierre Lui répond par philo ! La troisième fois Jésus utilise philo ce qui a pour effet de rendre Pierre furieux : Tu sais bien que je « t’aime bien » !

La façon dont « Jésus nous a aimés » est bien entendu agapè, ce qui correspondrait à « l’amour infini » de nos new agers, si un tel amour était vraisemblable, ce qui nous procure un détour par Platon. Dans le « Banquet », après une longue discussion des philosophes en présence de Socrate à propos de l’amour, ce dernier fait mine « d’avouer » son incompétence en face de tous ces « brillants spécialistes », et demande timidement si l’amour ne serait pas « l’amour de quelque chose », plutôt qu’une sorte d’amour absolu qui n’aurait ni objet ni source ! 25 siècles plus tard, il n’est pas sûr que nous ayons progressé… Ce sont les objets et les sources de l’amour qui font que ce dernier ne peut pas être plus infini que la Perception chère à Icke. Il n’y a d’Infini que l’Infini, comme il n’y a d’Allah qu’Allah !

Or nos trois compères, sur des bases assez différentes, nous expliquent que la mort n’est qu’une libération de nos conditions corporelles, et partant, une chose à rechercher puisqu’elle ferait de nous des êtres effectivement infinis… Et Icke d’insister sur le fait que les expériences de mort imminente « prouvent » que l’on se trouve dans un état d’omniscience, comme en témoignent de nombreux expérimentateurs. Pas besoin d’expériences aussi dramatiques, une « simple » sortie du corps avec des perceptions en état de marche donne la même impression. Dans cet état, en effet, nous ne dépendons plus des perceptions du corps, et nous pouvons avoir une réponse à toutes nos interrogations… à condition de poser l’indéfinité des questions auxquelles nous voulons des réponses. Je n’ai pas entendu dire que des individus ayant vécu de telles expériences en soient revenus avec une connaissance universelle… C’est d’ailleurs le même truc qui cloche à propos de la réincarnation. Avant de naître, nous sommes morts à la fin de notre vie précédente et donc nous aurions dû être « infinis » pendant quelque temps (sic !), libérés des pièges de l’univers et connaissant tout ! Pourquoi aurions nous perdu cette connaissance en naissant et serions devenus aussi idiots et crédules que nous le sommes ?

Quelle que soit notre libération à la mort, nous restons des petites consciences limitées et l’Infini est encore loin…

Mais si les new-agers (et en ça Icke est un new-ager comme un autre, quoi qu’il s’en défende), sont persuadés que la mort est aussi intéressante, que ne suicident-ils pas pour nous démontrer leurs convictions… À moins que leur plan soit tout autre et qu’ils veuillent NOUS EN PERSUADER après nous avoir convaincus que toutes nos croyances soient dues à des lavages de cerveau par des reptiliens extra-terrestres ? Et une fois convaincus de l’avantage de la mort, nous n’aurions pas à nous inquiéter des plans du NWO de faire disparaître 85% de la population pour garantir aux survivants un niveau de vie comparable à celui des États-Unis (qui consomment précisément sept fois plus qu’ils produisent, d’où les 85%, soit à peu près 6/7 !).

Le plan du new age est donc de nous inciter au suicide ou à nous laisser tuer (comme les théosophes en ont convaincu les Hindous), ce qui leur évitera de concocter un plan de destruction en plus de la course au gaspillage, donc à la pénurie, dans laquelle les industriels et les banquiers nous ont lancés. Le besoin en énergie double tous les 40 ans ! Où croyez-vous que l’on va trouver l’énergie dont on est censé avoir besoin en 2050 ?

Ce New Age n’est en fait qu’un des plus anciens pièges et les Neale ou l’Icke sont là pour nous donner la preuve de l’efficacité de ses méthodes, que l’on croie les avoir comprises comme Icke, ou pas comme les Neale.

Donc, laissez-vous massacrer avec le sourire pour vous « libérer », ce qui est plus appétissant que le « salut (at-one-ment) par la mort » pratiqué par les Mormons à l’époque de Young, où l’on tuait les « hérétiques » (Mormons ou pas) pour les empêcher de pécher davantage… Saint Thomas d’Aquin lui-même encourageait les autorités civiles à mettre les hérétiques à mort pour les mêmes raisons (une ancienne coutume hébraïque oubliée depuis Jésus…) !

Le problème de nos auteurs c’est d’inverser les niveaux de réalité en considérant que les « choses invisibles » sont des extensions des « choses visibles » (matérielles), et imaginant des « dimensions » supplémentaires qui ne font que compliquer l’idée qu’on se fait de la Réalité.

Auraient-ils simplement examiné les mots symbolique et diabolique (sym=avec ou dia=séparé) qu’ils en auraient compris bien plus !

Arrêtons de délirer pendant une minute. Vous êtes en train de lire, et donc vous pouvez attester « qu’il y a quelque chose » : vous, votre corps et le reste de l’univers. Autrement dit pour paraphraser Descartes : « Je constate, donc il y a quelque chose », ce qui est moins aventureux que « Je pense, donc je suis ! ». Le « quelque chose » que vous constatez vous donne la preuve que ce « quelque chose » est possible, et vous avez des raisons de savoir que d’autres choses sont possibles hors du lieu où vous vous trouvez. Vous savez aussi que vous pouvez déplacer votre corps, donc que d’autres choses que ce qui est visible sont également possibles, et que les choses possibles sont, soit manifestées, comme votre corps à l’endroit où il est, soit simplement possibles, comme tous les autres endroits où votre corps pourrait être ! Je vous propose de considérer TOUT ce qui est possible, manifesté ou non. Ça va faire un sacré paquet ! Et ça comprendra aussi vos pensées et celles des autres et plein d’autres choses, comme le fait que vous soyez conscients, que vous pouvez imaginer des images, que vous pouvez discuter de choses abstraites, etc., etc. Si vous avez pris en compte TOUTES les possibilités, vous pouvez les considérer individuellement, ou en vrac, et à ce moment, ce que vous avez conçu s’appelle, par exemple, la « Possibilité universelle » !

Icke aborde d’ailleurs ça avec toute la légèreté d’un mammouth puisque sa Perfection infinie c’est le « Tout-possible », et comme il nous prévient : « Souvenez-vous : le Tout-Possible signifie que tout est possible. ». Somptueuse logique! Allez, Icke : dessine-nous un cercle carré ! En fait son Tout-possible signifie simplement que « tout ce qui est possible est possible » ce qui évite de rêver sans avoir à fumer le tapis. Nous sommes ici confrontés à une des bases de l’imbécillité rationaliste que Icke a probablement découverte tout seul.

Oublions ce sublime Tout-possible et revenons à notre pauvre petite Possibilité universelle. Et remarquons que s’il « n’y manque rien », elle s’appelle aussi la Perfection (dont c’est le sens étymologique) ! C’est en tout cas le nom que lui donnent les taoïstes, alors que le vocable de Possibilité est davantage celui par lequel les orientalistes traduisent le concept hindou de Brahma. Tout au début, dans son Évangile, Saint Jean l’appelle Le Principe !

Mais revenons maintenant à nos auteurs ! Il suffirait que leur infini bidon soit remplacé par le véritable Infini : la Possibilité Universelle, dont tout le reste découle. Cette Possibilité Universelle est la « détermination positive » de l’Infini, terme qui, lui, se présente comme une négation : « In-fini » (pas fini, non délimité). En dehors de la Perfection déjà évoquée, la plupart des termes qui se rapportent à l’Infini sont des négations, ce qui a amené les théologiens chrétiens à croire résoudre la difficulté en utilisant des termes « apophatiques » – c’est à dire négatifs – pour parler des « attributs divins ». J’ai dit plus haut que parler de quoi que ce soit d’Infini était une absurdité puisque ça excluait de cet Infini ce qui n’est pas cela même qu’on qualifie précisément d’Infini (comme la Perception qui oublie qu’il lui faut un « percepteur » et quelque chose à percevoir). La Possibilité Universelle est une sorte de contre exemple puisque ce qu’elle exclut est précisément l’impossibilité, c’est-à-dire absolument rien ! Et quelque chose limité par rien est justement une « définition » de l’Infini. Cet Infini est à la base de toutes les Traditions authentiques à commencer par le Taoïsme et l’Hindouisme, comme on vient de le voir, mais aussi jusqu’à l’Islam, en passant par la Genèse et Saint Jean. Tous les êtres sont la manifestation d’une des possibilités incluses dans la Possibilité Universelle, laquelle nous apparaît sous une double forme : une Essence qui définit l’être en question (au niveau universel, c’est la « Perfection Active » du Taoïsme) et une Substance pour que cette « définition » puisse être produite (et c’est la « Perfection Passive »).

L’essence des objets qui nous entourent est leur « définition », ce qui fait qu’ils sont précisément CE qu’ils sont, et leur substance est ce qui leur permet de se « matérialiser ». Vous pouvez aussi constater l’existence d’une « substance mentale » qui vous permet de matérialiser vos rêves ou le produit de votre imagination, et donc les rendre visibles, pour vous.

La première des Essences est la plus simple, c’est l’Être lui-même sans autre qualification. Des qualifications supplémentaires donneraient les essences d’êtres différents. Et évidemment, ce premier Être est lui aussi Universel, puisqu’il n’a aucune spécificité en dehors simplement d’Être.

Puisque nous pouvons constater les objets qui nous entourent, c’est l’évidence d’une deuxième possibilité : la possibilité que quelque chose soit manifesté, autrement dit que l’Essence puisse faire qu’une Substance produise une manifestation correspondante. Cette deuxième possibilité est également universelle puisqu’elle ne précise pas le détail de ce qui peut être manifesté. Et c’est grâce à elle que « TOUT va pouvoir être fait », ce qui est la caractéristique du Verbe (le logos) occidental, du Vishnou hindou ou du log (phonétiquement) chez les Chinois !

Même si vous ne comprenez pas l’intégralité de ce que j’explique, vous savez que vous pouvez comprendre quelque chose, par exemple, qu’il faut que votre corps mange pour survivre (contrairement au corps-cyber qui n’est qu’une illusion et n’a pas besoin de nourriture…), et vous pouvez aussi comprendre que 2 et 3 font 5. Donc la compréhension fait partie des possibilités, des vôtres comme de celles de tout un chacun. Et comme cette compréhension ne se rapporte à aucun objet particulier, elle est, elle aussi, universelle. C’est elle qui « Vous enseignera tout ce que vous avez besoin de savoir », une formule que les Évangiles rattachent au Saint Esprit !

Ces trois premières possibilités dépendent manifestement les unes des autres puisqu’il faut déjà la possibilité que quelque chose SOIT simplement pour que quelque chose SOIT manifesté ou compréhensible, et que l’Être seul sans possibilité de manifestation ni de compréhension est peut-être imaginable, mais il ne nous concerne pas, puisque les possibilités de manifestation et de compréhension sont bien réelles, avec des produits constatables. Cet Être hypothétique serait tout aussi inconnaissable (parce que pas manifesté) qu’inconnu (parce que pas compréhensible). Toute ressemblance de notre trio avec une Trinité quelconque serait évidemment fortuite, puisque la Trinité éventuelle est un « mystère » !

On peut alors dérouler tout le catalogue des essences particulières que l’on peut aussi organiser en fonction de leur type de réalité. À remarquer qu’une essence peut être une combinaison d’essences, tant que cette combinaison reste une Possibilité effective. L’essence d’une mouche peut être la combinaison d’une myriade de choses, dont la possibilité de bouger, de voler, de voir, d’avoir un corps, des pattes, des ailes, etc. Toutes choses compatibles puisque la mouche existe. Mais par exemple, un cercle a bien une essence, un carré en a bien une autre, mais ces deux essences sont incompatibles et donc si on peut accoler les deux mots « cercle » et « carré », on n’aura pas d’essence d’un « cercle carré ». C’est la nature des impossibilités, n’en déplaise à Icke. La « possibilité des impossibilités » a évidemment une essence, et c’est la seule dont on ne pourra produire aucune manifestation !

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