30 -L’infini vu de l’Occident : sortez vos jumelles !

30 -L’infini vu de l’Occident : sortez vos jumelles !

Si ça vous fait peur, parce que ça vous semble devoir être au moins aussi compliqué que ce qu’on vous a fourré en mémoire, pensez qu’aucun corpus métaphysique n’impose à ses candidats d’avoir fait Polytechnique ou l’ENA, et j’aurais tendance à dire « bien au contraire ». Vous allez voir, j’espère, que l’Infini n’est pas si compliqué que ça, et je prendrai un malin plaisir à faire des détours (optionnels) par les complexités qu’on vous a fait avaler, et qui sont parfaitement absurdes, comme les « infinis multiples »…

Pendant que j’y pense, si vous voulez bien suivre le guide, faites-le comme un jeu : en vous amusant, en plus, ça va plus vite !

Je vais essayer de rester en Occident, pour ne pas vous enquiquiner avec des chinoiseries ou d’autres trucs exotiques, mais dans l’Occident d’il y a longtemps : à une époque où, précisément, le paradigme Infini était en vigueur ! C’est-à-dire il y a à peu près 26 siècles ! Si vous croyez au progrès occidental, ça vous indique tout de suite que ça va pas voler bien haut, à cette époque si « primitive ». Et si les vieux Grecs comprenaient ça, avec notre progrès phénoménal, on ne devrait pas avoir trop de mal non plus.

Allez : on y va ! Regardez autour de vous : il y a des tas d’objets ! Il y en a qui bougent et d’autres qui ne bougent pas ! Apparemment… Parmi ceux qui remuent, il y a les péniches, les semi-remorques, les avions, les moissonneuses… Mais il y a aussi les bestioles : les toutous, les matous, les moustiquous… Dans ces listes on considère généralement que les bestioles sont animées par une âme ! Futé, non ? Une âme, ça anime !

« Objets inanimés avez-vous donc une âme » se demandait Alphonse un soir de beuverie. Sauf que les moyens de transport sont bien des objets, parfois inanimés, mais parfois aussi très remuants. Les Grecs ne se préoccupaient pas trop de ce qui animait les objets apparemment statiques, et considéraient deux domaines dans l’univers : les objets et leurs âmes. Les objets, ça concernait le domaine physique (ou corporel, somatique), les âmes (psyché dans leur dialecte), le domaine psychique. Comme les deux sont inséparables puisqu’ils utilisent le même espace et le même temps, le mot physique recouvrait plus ou moins les deux domaines, et s’appliquait à la « nature », envisagée comme étant constituée de tout ce qui bouge, autrement dit, ce qui change et ce qui remue !

Pas très observateurs les Grecs !? On a bien vu qu’il y avait des objets qui ne bougeaient pas du tout ! À moins que ce soit nous les mauvais observateurs… Par exemple, les plantes sont bien animées : elles bougent moins qu’un papillon, mais d’un jour à l’autre on voit bien qu’elles ont changé, et pour les fleurs ça va encore plus vite… Si vous habitez à la campagne vous savez bien aussi que le terrain bouge, assez lentement en plaine, et un peu plus vite lors d’un éboulement en montagne ou de l’éruption d’un volcan.

Restent les engins mécaniques ou électriques qui bougent plus ou moins à la demande. Mais est-ce vraiment tout ?

Alors regardez le soleil quelques minutes derrière un poteau télégraphique. Il a bougé aussi. Le soleil ou le poteau ? La nuit, la lune et les étoiles remuent pas mal non plus. Ça se vérifie en prenant des photos d’heure en heure. Donc finalement il n’y a que notre terre qui ne bouge pas ? Vous n’avez pas l’air sûr de vous ?

Allez prendre un train, et asseyez-vous. Votre corps n’a pas l’air de bouger quand le train roule, mais il parcourt la campagne avec votre wagon. Vous pouvez aussi vous déplacer dans les voitures, que le train soit à l’arrêt ou en marche. Finalement, comment peut-on savoir si quelque chose se déplace ? On est obligé de le voir se déplacer par rapport à autre chose.

Et quand deux choses se déplacent l’une par rapport à l’autre, comment peut-on savoir celle qui bouge, et si l’autre ne bouge pas aussi ?

On ne peut pas !!

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