Conscience : mode d’emploi! (1/22)

Conscience : mode d’emploi! (1/21)

Nous sommes tous des consciences, et c’est tellement banal que personne ne songe à s’en servir ni à en enseigner un mode d’emploi à ses enfants, et depuis des siècles.

Résultat, des petits futés ont très bien compris comment les utiliser à nos dépens, et ont passé tous ces siècles à nous manipuler.

Dans le numéro 104 de Nexus, Nicolas Hulot pense à créer un « lobby des consciences » mais rien dans ce qu’il fait ne laisse à penser qu’il ait compris comment ça marche ! Sous prétexte qu’en tant qu’écologiste frayant avec la politique, il a un horizon intellectuel un peu plus large que le commun de nos élites, il ne voit pas qu’il fonctionne exactement comme tout le monde, à la largeur d’esprit près, enfin, peut-être…

C’est lui qui m’a donné l’idée de ce mode d’emploi et je lui dédie donc ce texte en espérant qu’il l’appréciera s’il tombe dessus…

Conscience : L’EXPÉRIENCE DE BASE…

Au moyen âge, Saint Bernard faisait la distinction entre les « somatiques », les individus qui croyaient être leur corps, les « psychiques », ceux qui pensaient être leur âme, et les « pneumatiques », ceux qui se considéraient comme des esprits. Surprenant d’ailleurs pour un Chrétien à qui il était interdit, sous peine d’anathémisation, de parler de l’esprit humain depuis un concile maladroit… Sémantiquement un « esprit » est « la partie la plus légère d’un composé », et la partie la plus légère d’un être humain, c’est son souffle, donc les « pneumatiques » de Saint Bernard, malgré leur nom qu’on applique aujourd’hui à bien d’autres choses, ne sont que des individus « spirituels », pas nécessairement au sens de « faire de l’esprit », encore que… mais au sens de « se vivre en tant qu’esprit », plutôt qu’en tant qu’un corps ou en tant qu’âme. Ce qui n’empêche personne de dire JE suis malade quand il ne s’agit que de son corps !

Les spiritueux correspondent à la même idée puisque l’odeur qu’ils dégagent en est bien leur partie la plus légère, et le fait que les abbayes et les monastères y allaient tous de leur petite recette n’est probablement pas étranger à cette « coïncidence ».

Saint Bernard hiérarchisait les trois types d’individus en disant que les premiers n’étaient capables de comprendre ou de supporter que très peu de vérités, les seconds sont un peu plus souples, mais que, même avec les « pneumatiques », il fallait faire attention à ce qu’on disait.

J’ai eu en effet l’occasion de remarquer que les psychiques ont un gros inconvénient : si vous leur faites remarquer qu’ils viennent de dire une ânerie, ça les rend furieux ! Parce qu’ils prennent ça pour une insulte personnelle, puisqu’ils se considèrent être leurs pensées, soigneusement mises au chaud dans leur âme. Donc, s’ils ont dit une connerie, pour eux, c’est qu’ils sont cons ! Et peut-être ont-ils raison, d’ailleurs !?! La première fois que j’ai déclenché cette réaction, j’ai été très surpris, parce qu’en ce qui me concerne, j’ai toujours tiré un grand profit des remarques qui m’indiquaient que je prenais une imbécillité au sérieux, et ça m’a permis de réexaminer le sujet, et généralement de me débarrasser du fait de la considérer comme une vérité.

C’est ainsi que le premier chapitre de mon « Soyons Logiques » pose la question de savoir s´il est possible de croire que c’est la lune qui attire les marées, puisqu’il n’y a qu’une seule lune qui tourne en 24 heures à peu près (elle se décale d’un peu moins d’une heure par jour et il lui faut donc 28 jours environ pour faire le tour de la terre qui tourne en 24 heures…) et deux marées par jour… Quand une remarque de Charles-Louis-Weyher m’avait présenté la question, j’étais stupéfait de n’avoir pas remarqué ça ! Et rassuré de constater que je pouvais être aussi stupide que n’importe qui, puisque tout le monde (ou presque) a gobé ce truc ! Depuis, à la suite de réactions virulentes de lecteurs qui refusaient d’admettre avoir été grugés, j’ai résolu la difficulté, bien avant que la télévision n’en projette sa version. En fait le piège est bien avant l’histoire de marées… : la lune NE TOURNE PAS autour de la terre !… L’ENSEMBLE TOURNE AUTOUR DE SON CENTRE DE GRAVITÉ RÉSULTANT, ce qui induit une force centrifuge sur terre sur la face opposée à la lune, et qui provoque la deuxième marée ! Qui est donc le résultat indirect d’une répulsion dont la lune est la cause et non de son attraction.

La fréquence et la véhémence des réactions de mes lecteurs, pour ce que je considérais comme un détail futile, comparé au sujet du bouquin, aurait dû m’alerter. Car il est probable que d’autres, qui ne se sont pas manifestés, ont réagi de la même façon, sans se faire remarquer, en fermant simplement le bouquin sans le lire. Or je pense être très au courant des effets d’hypnose du système éducatif mondial, pour l’avoir subi, et j’aurais dû en tenir compte, sans supposer que les réactions de tous les lecteurs pourraient être saines ou raisonnables ! Et d’éviter de commencer par leur parler de quelque chose qui leur donne tort… s’ils s’y identifient, et qui les décourage de continuer leur lecture. Je sais aussi parfaitement que les réactions mentales de l’âme sont des « boutons », des « interrupteurs », qui branchent –instantanément– tout un tas d’automatismes de « défense », qui font, en particulier, qu’on ne voit plus QUE la « menace » qui les a déclenchés.

Mais, de nos jours ces « psychiques » de Saint Bernard, constituent la vaste majorité de la population terrestre, et si je veux continuer à aider les rares autres à identifier leurs conceptions erronées, il va falloir que j’en prenne mon parti, et que j’admette sereinement que des gens me trouvent agressif, voire hostile. D’autant que cette situation a été prophétisée par Saint Jean dans son Apocalypse (3:14, il y a pas pis, c’est la dernière Église !) : nous sommes en ce moment dans ce qu’il appelle l’Église de Laodicée, caractérisée par sa tiédeur… que le Ciel vomit ! D’où notre hypocrisie sociale, notre habitude de cacher notre hostilité : il ne faut pas faire de peine, pas choquer, et avoir idéalement la non-violence du bouddhisme, quitte à laisser nos contemporains continuer à couler dans la niaiserie, comme un migrant dans la Méditerranée, pendant que Daesh nous montre tout de même que la violence n’exclut pas la bêtise, même s’il est dit d’autre part que « Le Royaume des Cieux appartient aux violents », ce qui ne pose que le problème éternel du discernement.

Quoi qu’il en soit, comme je n’ai aucun moyen de choisir mon public, et que je sais n’avoir aucune intention de mépriser des gens, surtout dont je sais qu’ils se sont fait avoir… mais plutôt d’essayer de les aider, je ne compte pas changer de modus operandi ! Sinon je n’ai plus qu’à tout arrêter… Tout en sachant parfaitement que je ne pourrais aider personne malgré lui, puisque je connais assez bien aussi les méthodes de manipulation, pour ne pas m’en servir !

S’il doit s’agir ici de spiritualité, le mieux, c’est d’oublier tout ce que vous avez lu sur le sujet, de quelque source que ça vienne, parce que je vous propose une approche complètement expérimentale ET À VOTRE PORTÉE sans avoir besoin d’un gourou ni d’un mentor car je ne suis ni l’un ni l’autre, autrement dit : redevenez comme des nouveau-nés (et même les psychiques devraient le pouvoir…), si cet encouragement vous rappelle quelque chose… qui ne vous fait pas non plus pousser de boutons ! Et vous allez enfin comprendre tout seul !!!

Ayant prévenu que l’esprit peut se cacher dans les façons d’en parler, je ne compte pas me priver de faire de l’humour ou de l’ironie si l’occasion se présente.

Comme la conscience est ce que nous sommes… je ne vais pas perdre mon temps à essayer d’en donner une définition qui risque de nous embarquer dans de l’ésotérisme de brasserie, même si c’étaient les lieux de rencontre des alchimistes, au bon vieux temps…

Pour notre première expérience, je vais vous demander de fermer vos jolis yeux… MAIS PAS TOUT DE SUITE ! Lisez au moins jusqu’à la fin du paragraphe suivant pour savoir en quoi ça consiste !…

Donc, les yeux fermés, vous ne devriez voir qu’un espace plus ou moins sombre en fonction de la lumière ambiante qui filtre à travers vos paupières. Et rien d’autre que cet espace ! Essayez alors de localiser d’où vous « voyez » l’espace en question. Si vous n’y arrivez pas, « fabriquez »-vous (imaginez) une petite lumière et faites la tourner autour de vous. Si vous n’arrivez pas à la voir derrière vous, faites la simplement bouger de droite à gauche (ou le contraire…) et de haut en bas (ou le contraire…), et là, vous devriez pouvoir déterminer d’où vous la voyez. Cette localisation de votre « point de vue » est la totalité de l’expérience en question, vous pouvez rouvrir vos yeux !

Re-bonjour !

Ce « point de vue », est un « point géométrique dans l’espace de l’univers », pas une « opinion » qui impliquerait un déluge de pensées ratiocinantes qu’un nouveau-né n’aurait pas… En attendant, on va débriefer !

Avec les yeux fermés, vous étiez conscient d’au moins deux choses : que vous étiez conscient de l’être (conscient)… et qu’il y avait du « quelque chose de noir » autour de « vous » ! Et même d’une troisième : que votre conscience de l’espace noir se faisait à partir d’un point que vous auriez dû réussir à localiser. Habituellement, ce « point » de vue se trouve entre les yeux à quelques centimètres derrière la racine du nez. Mais une autre chose encore aurait dû vous interpeller : vous n’avez pas fait d’objection à regarder à droite, à gauche, en haut, en bas et même derrière « vous ». Or, les yeux ouverts il faut tourner la tête pour voir derrière soi ! Donc vous SAVIEZ que ce « point » d’où vous aviez conscience était VOUS !

La « conscience d’être conscient », ou la « conscience du JE », est ce que le sanscrit appelle ahankara. Je vous avais dit d’oublier tout ce que vous saviez et voilà que je vous ramène ma science (balbutiante) du sanscrit ! Alors ne m’accusez pas de l’hypocrisie de Descartes, quand il dit qu’il fait table rase de tout ce qu’il connaît, sans s’apercevoir qu’il n’a pas oublié comment raconter des histoires.

Depuis que je vous ai dit de tout oublier, vous n’avez pas non plus oublié que vous saviez lire, et je ne vous traite pas de tricheur pour autant, parce que c’est moi qui ai triché en étant sûr que vous sauriez encore lire, ce qui m’a encouragé à continuer d’écrire.

Mais avant de vous sortir « ahankara » de mon chapeau, je m’étais contenté de parler en long et en large de « conscience » un mot français –venant du latin en fait– qui peut nous en apprendre au moins autant, en conformité avec notre expérience. Ce mot est formé du préfixe « con- » et du mot « science ». En latin, « con- » signifie « avec » et « science » vient de scio, scinder… ce qui traduit quelque chose d’un peu différent de la « conscience du JE » de ahankara !

Notre mot français indique que la conscience aurait la capacité de « réunir ce qui est séparé » ! (Francs-Maçons s’abstenir !). Or c’est bien ce que nous avons expérimenté : cet espace, ou le point lumineux, si vous avez dû le fabriquer, était bien « autour » de nous à une certaine « distance » et pourtant nous en étions con-scient !

Mais si vous regardez encore plus finement, votre « conscience du JE » vous amène à considérer ce JE comme si vous le voyiez distinct de vous. Et vous vous « réunissez » avec votre JE en en « prenant » conscience !

Soit dit en passant, c’est peut-être l’évidence de la futilité de la querelle interminable au sujet de la « subjectivité » et de l’« objectivité » !!!

Encore un élément à remarquer : vous avez eu conscience d’un espace tridimensionnel à partir d’un unique point, alors que vous savez probablement que c’est grâce à nos deux yeux que nous voyons en relief, ou en 3D, comme on dit aujourd’hui. Et que pour donner une impression de profondeur à une photo, un dessin ou un film, il faut deux images et une astuce pour que chaque œil en voie une.

À une époque lointaine, le journal de Spirou publiait des « images en relief » sous forme de deux dessins légèrement différents, qu’il fallait regarder en mettant une carte postale de profil en face du nez et entre le nez et les images pour que chaque œil voit la sienne… et on « les » voyait en relief. Aujourd’hui on a des lunettes qui clignotent au rythme des projections d’images droites et gauche sur l’écran de nos télés, ce qui triche en se servant de notre « persistance » rétinienne (la lenteur de l’influx nerveux…), et on a aussi eu des lunettes avec des verres polarisants dans des directions perpendiculaires pour séparer les deux images simultanées… et plein d’autres gadgets, toujours basés sur DEUX « points » de vue, toujours au sens géométrique, et pas au sens d’opinions.

Mais souvenez-vous, l’unique point de vue de votre conscience ne vous empêche pas de rêver en relief ou de voir aussi vos souvenirs en relief. On verra bientôt pourquoi notre point de vue habituel est situé derrière la racine du nez.

En pratique, tant que vous ne dormez pas d’un sommeil profond, votre conscience est à l’affût de tout ce qui semble l’entourer, vos pensées ou leurs images, et, si vos yeux sont ouverts, des images qu’ils vous envoient de leur environnement, c’est-à-dire celui de votre corps.

D’accord, j’enfonce des portes ouvertes, mais j’ai rencontré bien peu de gens qui avaient perdu la longue demi-seconde nécessaire pour remarquer tout ça.

Puisqu’on en est à parler de vision binoculaire, vérifiez-la rapidement en mettant un de vos index à 10 cm en face d’un de vos yeux. Fermez un œil, puis l’autre, et remarquez la différence considérable entre les deux images. Pourtant avec les deux yeux ouverts, il n’y a plus qu’une image (à moins que vous ne bénéficiiez d’un strabisme, un bénéfice qui n’est qu’une façon de parler…) ! Si votre index est trop près de votre visage, les deux images vont avoir du mal à se mettre d’accord, alors éloignez-le un peu jusqu’à ce que ça se stabilise…

Bon, vous savez que chaque œil fonctionne un peu à la façon d’une caméra : il reçoit de la lumière, la focalise sur sa rétine, et la transforme grâce à un chapelet de réactions chimiques en courant électrique, véhiculé à son tour par le nerf optique jusqu’à une usine de neurones, où on imagine que se fabrique mystérieusement l’image résultante, dont notre conscience va être le spectateur, en ayant l’impression qu’elle est en relief, et qu’elle peut se « mémoriser » non moins mystérieusement.

Autrement dit, on peut avoir une « conscience directe », ou utiliser des intermédiaires de perception, physiques par exemple, apparemment conçus pour nous faire expérimenter l’environnement de notre corps.

Car il n’y a pas que les yeux qui nous informent sur notre environnement spatial, il y a aussi nos DEUX oreilles. Avec des pavillons biscornus qui colorent les sons en fonction de la direction d’où ils proviennent. Donc notre perception sonore n’est pas seulement stéréophonique (gauche-droite) à cause de nos deux « micros », mais aussi holophonique (tout autour !) à cause de leurs « filtres » en cartilage, qui nous permettent de savoir qu’un bruit vient de derrière, de dessus ou d’ailleurs. Mais vous pouvez aussi, au lieu de « fabriquer » une lumière les yeux fermés, « fabriquer » un bruit et le faire tourner « autour » de « vous ».

La « conscience directe » n’utilise pas de systèmes complexes de perception et la confusion entre « perception » et « conscience » (l’âme et l’esprit) est l’une des plus répandues depuis plus de 20 siècles. Parce que quand vous avez pris conscience de JE vous n’avez pas seulement su qu’il y avait quelque chose là, vous avez aussi su CE que c’était ! Un œil ne sait pas ce qu’il perçoit, mais vous le savez, (vous : en tant qu’esprit), à partir de ce que l’œil vous transmet ! Pensez-vous vraiment que vos yeux comprennent ce que vous êtes en train de lire ? Ils n’en savent pas plus que ce que pourrait en savoir un appareil photo ou un scanneur de documents !

Ce qui est perçu c’est une manifestation de l’énergie ou de l’information, et CE que c’est, et qui n’est compris QUE par la conscience (donc vous), c’est le sens de cette information. Et cherchez bien, il n’y a que des consciences humaines qui comprennent, et d’ailleurs « com-prendre », « prendre avec », semble bien être la caractéristique de base de la conscience (vous, à nouveau) qui réunit pour être « con-scient », de « savoir avec » !

Les systèmes mécaniques ou électroniques des robots ne sont que des empilages d’outils de perception, c’est le logiciel qu’ils utilisent qui leur (nous) donnent une illusion de compréhension, quand on peut constater la manifestation du résultat sur un « organe de sortie » (écran ou imprimante). Mais s’il leur arrive quelque chose que le programmeur n’avait pas envisagé, vous aurez la démonstration qu’ils ne savent pas quoi en faire, qu’ils ne comprennent finalement rien QUE ce qu’on leur a « appris » !

On reviendra sur ces nuances entre « apprendre » et « comprendre »….

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